SUR LES TERRASSES, ROBERT MÉNARD A DIT… ET A MENTI?

PAS DE PAROLE. LES COMMERÇANTS ONT RENDEZ-VOUS CE 22 JUIN EN MAIRIE.

ROBERT MÉNARD EST-IL UN HOMME DE PAROLE? Il est possible d’en douter quand on sait ce qui est en train de se tramer sur le bas des Allées. Pour bien comprendre, il faut se replonger à l’automne dernier, au sein d’une réunion organisée dans la salle du conseil municipal et dévolue à apaiser la colère des commerçants qui devaient faire face aux nombreux travaux dans le cœur de la cité, où Robert Ménard jouait les pompiers de service pour éteindre tous les incendies naissants. Toujours bien informée, la Pieuvre du Midi s’est procurée l’enregistrement de cette rencontre*. Qu’elle ne fut pas sa surprise d’entendre que suite à la question sur le devenir des terrasses des restaurants et snacks du bas de la promenade qui lui fut posée -« On nous a dit que l’année prochaine, on n’en aurait plus (…) je voulais savoir: est-ce qu’après les travaux, on aura les terrasses ou pas? »- la réponse du maire: « Il y aura toujours les terrasses sur le bas des Allées… Je ne vois pas pourquoi… Non vraiment, il n’y a pas de souci, rien ne change. Simplement, cela va être plus beau… » Les commerçants pouvaient être rassurés, la rumeur qui disait que l’arrivée de la grande roue allait coïncider avec la fin des repas dehors était infondée. Sauf qu’il semblerait que les promesses de Robert Ménard n’engagent que ceux qui les écoutent… Les terrasses vont bien être éradiquées. À mots couverts, deux adjoints au maire, au commerce, le très sympathique Benoît D’Abbadie et, aux marchés publics, le plus antipathique Luc Zénon (qui n’a pas hésité à menacer malicieusement la Pieuvre du Midi de fermeture, bien qu’elle n’ait pas de terrasse), ont confirmé cette information le 18 juin. D’Abbadie devrait le signifier aux commerçants ce vendredi 22 juin dans la matinée. 

D’un côté, on a la boutique Alexandre qui récupère 20.000 euros de dédommagement… Alors en plus de défaut à la parole donnée, on s’aperçoit dans cette histoire qu’il y a deux poids – deux mesures. D’un côté, on a les snacks et restaurant du bas des Allées à qui -après qu’ils ont subi de plein fouet les travaux, attendant patiemment des jours meilleurs- on supprime une énorme source de revenus en leur « sucrant » les terrasses, et de l’autre, on a la boutique de prêt-à-porter, Alexandre, qui se trouve à l’angle des rues de la Citadelle et Montmorency, qu’on dédommage à hauteur de 20.000€ pour les mêmes contrariétés. «Oui mais cette boutique a rempli correctement une demande», se défend Benoît d’Abbadie. Soit. Mais on n’a rien fait aussi pour aider ceux qui font vivre le bas des Allées à emprunter le chemin du dédommagement.

… de l’autre, on a les snacks et restaurants qui vont voir leur terrasse péricliter. Lors de la réunion de l’automne à l’Hôtel de ville, Robert Ménard affirmait vouloir changer l’image des Allées, avec l’idée de les rééquilibrer. De ne plus faire du bas de la promenade le côté «pas chic», du haut «chic»: «L’idée, c’est d’avoir un vis-à-vis entre la façade toute neuve et toute belle du théâtre et la grande roue.» Il fallait aussi changer «le cul de sac» que représente, selon lui, cet endroit. Mais surtout, l’air de ne pas y toucher, le maire voulait « nettoyer »: «Je n’ai jamais vu un endroit aussi sale que le bas des Allées.(…) Il y a des « familles » (sic) assises sur des bancs qui jettent tout partout. On retrouve des pépites espagnoles, les fameuses pipas, des canettes de coca. C’est intolérable.» Il fallait, à l’époque, simplement suivre son regard qui allait s’étendre de l’automne 2017 à l’été 2018… Des bancs aux tables des terrasses du bas des Allées, il n’y a qu’un pas. Il semble décidé à le franchir, aisément, dégageant la terrasse du paysage de la grande roue, comme il l’a confié aux commerçants venus l’accoster les uns après les autres. Pour lui, c’est sans aucun doute le repaire des bouffeurs de pipas (voire des consommateurs de chichas?). Ce n’est pas l’image qu’il veut donner aux touristes qui viendront profiter de la grande roue -qui ne semble (pour l’instant) pas encore attirer grand monde d’ailleurs, hormis les membres de la majorité municipale. Qu’importe si les commerçants sont dans la place depuis dix ans (voire quinze), qu’importe qu’ils n’aient pas posé le moindre souci pendant la durée très contraignante des travaux. Ils n’ont même pas demandé de dédommagements, comme s’est empressée de le faire la boutique Alexandre, sans doute bien conseillée. C’est injuste? C’est peut-être le modus operandi de cet homme qui n’a aucune parole. PEA

 

 

 


 

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