Maraussan y va doucement… mais ô combien sûrement

UNE OPPOSITION ASSUMÉE À LA FUSION AVEC L’AGGLO DE BÉZIERS

«CE N’EST PAS UNE BONNE IDÉE, C’EST MÊME UNE MAUVAISE CHOSE…» D’un revers de la main, Serge Pesce balaie l’hypothèse de voir la Domitienne fusionner avec l’Agglo de Béziers. En tant que premier vice-président, il ne souhaite pas que ce scénario se produise, car selon lui, il irait contre l’indépendance historique qui a guidé les créateurs de la Domitienne. Des huit composantes de la communauté de communes, Maraussan semble donc en être devenue l’élément le plus conservateur, le gardien du temple, elle qui a été la dernière à rejoindre le groupe…

Car il est bon de le rappeler… Dans ce club des huit, Maraussan est la petite dernière, celle qui a franchi le pas après toutes les autres. En effet, elles n’étaient juste que cinq au départ: Cazouls-lès-Béziers, Colombiers, Maureilhan, Montady et Nissan-lez-Ensérune. Puis sept, avec Lespignan et Vendres en 1996 et pour finir huit avec Maraussan en 1997. Mais pour revenir à la création même en 1993, ce qui guidait les maires Maurel, Barbe, Frances, Sost et Galan, c’était, selon Serge Pesce, de «garder à distance Bernard Nayral (alors député PS de la 5e circonscription, maire de Capestang, favori pour succéder à Gérard Saumade comme président du Conseil général) et Alain Barrau (alors maire PS de Béziers et député)»: «C’est pour cette raison que s’est créée cette communauté en avant-première en France -seule celle de la Salvetat l’a devancée-: il fallait absolument garder l’indépendance.» Aussi comme par héritage, il veut que cet état d’esprit soit conservé. Mais pas que… Le maire de Marausssan a aussi bien noté qu’à la Domitienne, les communes sont de taille similaire, le régime est donc égalitaire.

« Dans l’Agglo de Béziers, nous serions noyés» Le bureau communautaire est composé de seize membres, deux par communes. «Tout le monde peut y prendre la parole, exposer ses points de vue. Si nous étions dans une entité dominée par Béziers ou Montpellier avec leur nombre immense de membres issus de leurs conseils municipaux, nous serions complètement noyés, nous n’aurions pas accès à la tribune et nous serions traités avec mépris… ce qui serait normal, c’est dans la logique de la ville centre et de sa périphérie. Pour la défense de ses propres intérêts, vous imaginez bien qu’il faudrait repasser…» Et ce n’est pas la taxe additionnelle, le fameux « impôt agglo » qui le fera changer d’avis. «Il est clair que cette taxe provoque un effet repoussoir. Il faut dire que cela signifierait pour les ménages une augmentation des impôts de l’ordre de 2%. Aucun maire ne peut aller défendre ce point de vue devant ses concitoyens.» Les points positifs -transports, équipements- qu’entraînerait ce mariage ne trouvent pas grâce à ses yeux: «En ne regardant que les transports, il y a un passage de huit bus par jour, gérés par la Région. Je ne suis pas sûr que si nous nous unissions, on doublerait la cadence.» Il l’assure, il n’y a aucun intérêt à s’unir. Ni maintenant, ni dans l’avenir. «Vous savez, dans ma vie quotidienne d’élu au service de la population, je n’ai pas encore vu une seule personne venir me voir en me disant: « Monsieur le maire, vous devriez vous unir, à la Domitienne, avec l’Agglo de Béziers. » Ce sujet semble très loin des préoccupations des gens.» Il n’en démord pas, à la Domitienne il est bien, à la Domitienne, Maraussan existe. Même si les bureaux communautaires -«pas les conseils qui sont très tranquilles», précise-t-il- sont parfois « chauds ». Il ne le nie pas. «Vous savez, durant toute ma carrière dans les collectivités territoriales, celle de Béziers notamment [il a été directeur des services techniques à la mairie de 1991 à 95, Ndlr], j’ai toujours vu des rapports « virils », ce phénomène fait partie du jeu.Je n’ai pas l’impression que ce soit pire à la Domitienne qu’ailleurs… je n’ai jamais vu quelqu’un se faire empaler.» Alors, même si sur certains dossiers, il veut travailler avec Béziers et son Agglo, «comme sur le sujet de l’aéroport, qui ne fait pas l’unanimité chez nous», l’indépendance que la Domitienne lui offre n’a pas de prix. Et il est bien décidé à la défendre, quoiqu’il en coûte… PEA

 

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