Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le débat de la 6e circonscription de l’Hérault sans jamais avoir osé le demander

Le chiffre : 40

40 minutes pour un débat à cinq personnes, c’est ce que proposait France 3 Occitanie, pour les législatives de la 6e circonscription de l’Hérault. Au générique, on retrouvait Emmanuelle Ménard candidate soutenue par le FN, DLF, le CNUP, le Ciel, le MNR et le RPF, Isabelle Voyer, pour la République En Marche, Antonio Fulleda (PS – PRG – Génération Ecologie – MRC), David Garcia (FI) et le député sortant (LR), Élie Aboud (LR-UDI). 

40 minutes et que peut-on retenir ? Pas grand chose. Ce fut un débat un peu stérile où les uns et les autres ont joué leurs partitions en essayant le moins possible de faire de fausses notes. Il y a eu très peu d’envolées lyriques, très peu de violonistes solistes. On a remarqué de manière très étonnante que la principale cible des participants était Emmanuelle Duverger-Ménard, alors que d’habitude, c’est plutôt le sortant (Élie Aboud en l’occurrence) qui endosse ce rôle… mais ce ne fut pas le cas.

40 minutes pour survoler tous les sujets. Du projet idéologique à l’emploi, en passant par le vin, le tourisme, la sécurité, l’entrée Ouest de Béziers un large panel a été superficiellement abordé, le centre-ville de manière assez surprenante aussi.

40 minutes pour noter que les prestations des candidats ont été plutôt neutres. En bref voici le panorama complet : Isabelle Voyer a semblé avoir énormément de difficultés à exister, le fait qu’elle a failli faire tomber son micro en est le parfait symbole, mais sa conclusion a été la meilleure de tous ; Emmanuelle Duverger-Ménard était clairement la plus à l’aise de toutes les personnes présentes sur le plateau, mais elle a donné l’impression (comme Marine Le Pen lors du débat des présidentielles) d’être prisonnière de ses fiches et, à la grande différence de la candidate d’Emmanuel Macron, elle a complètement loupé son mot de la fin, où elle a lu le texte qu’elle avait écrit ; David Garcia a été trop souvent technique, donnant réellement l’impression qu’il s’écoute parler à grand coup de mots choisis, d’un vocabulaire soutenu, bien loin de la population qu’il souhaite viser ; Antonio Fulleda a été un peu à contretemps, presque battu, résigné, acceptant le fait qu’il était loin des principaux candidats, c’est dommage, parce qu’il n’a pas été mauvais, loin de là, avec des interventions bien senties, sa dernière exceptée – « Si vous votez Fulleda, ce sera un grand scoop » ; Et enfin Elie Aboud a fait du Élie Aboud, avec beaucoup de forme mais pas trop de fond, jouant la corde émotionnelle plus que la cérébrale, il a encore essayé d’apitoyer son monde en disant à quel point il mériterait de voir son bail prolongé à l’assemblée nationale…

40 minutes pour un débat qui n’était pas très passionnant et probablement peu de personnes ont vu vu qu’il n’était diffusé que sur Internet et pas à la télévision, ce qui est vraiment dommage

Les petites phrases

MORPION : « Quand vous avez fait votre déclaration, (…) vous avez marqué la petite croix du FN », Antonio Fulleda interroge Emmanuelle Duverger-Ménard sur l’appartenance de sa candidature qui répond par l’affirmative, regrettant ne pouvoir pas notifier « Union de la droite… » de la droite.

IL FAUT APPELER UN CHAT… UN CHAT : « Sur la viticulture… Bon on va avoir l’impression que je copie mes adversaires », concède Emmanuelle Duverger-Ménard, Elie Aboud la reprend : « Il n’y a pas d’adversaires ici, on va dire compétiteurs, allez. » Oui mais non, la candidate (ExtD) ne veut pas accéder à la requête du député sortant (LR) : « On peut dire adversaires, n’ayons pas peur des mots… »

IDEE FIXE : « Mes collègues, mes compétiteurs, moi je n’ai pas d’adversaires ici », reprend 4 minutes et 55 secondes après son échange avec Emmanuelle Duverger-Ménard, Élie Aboud qui, on en est sûr fera la fête avec son compétiteur quand il aura perdu son siège de député.

MEDICAL : « Il y a un conflit planétaire qui envoie des métastases chez nous, là, il faut être intraitable. » Élie Aboud.

PREMONITOIRE : « Si vous votez Fulleda, ce sera un grand scoop » Antonio Fulleda.

La définition

Le candidat FI, David Garcia a usé et abusé du terme « paradigme ». Pour la compréhension de tous, voici la définition exacte de ce terme trouvé dans le Larousse.

PARADIGME : bas latin paradigma, du grec paradeigma, modèle) : En grammaire traditionnelle, ensemble des formes fléchies d’un mot, pris comme modèle (C’est, par exemple, la déclinaison d’un nom ou la conjugaison d’un verbe) ; En linguistique structurale, ensemble des unités qui peuvent commuter dans un contexte donné ; En doctrine économique, choix de problèmes à étudier et des techniques propres à leur étude.

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